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L’Argentine lance un mandat d’arrêt international contre des anciens membres du régime franquiste

–Ils sont aujourd’hui âgés de 66 à 78 ans et ne s’attendaient certainement pas à ce que la justice vienne frapper à leur porte, 38 ans après la mort de Franco. Et pourtant. Mercredi 18 septembre, la juge argentine Maria Servini de Cubria a fait ce qu’aucun juge espagnol n’avait fait avant elle, pas même le célèbre magistrat Baltasar Garzon. Elle a décidé de lancer un mandat d’arrêt international contre quatre anciens membres du régime de Franco.

Parmi les dizaines d’associations, les syndicats et les partis, cette nouvelle, connue mercredi soir tard, a suscité l’euphorie. “C’est une décision historique” qui marque “le début de la fin de l’impunité”, se réjouit, émue, Maria Arcenegui, porte-parole de la plateforme de soutien à la plainte argentine contre les crimes franquistes (AQUA).

Car après plus de 30 ans de démocratie, des milliers d’Espagnols, victimes des crimes commis par le régime de Franco, familles de disparus, parents ou frères et soeurs de bébés volés, attendent toujours que justice leur soit rendue. Non plus par l’Espagne, puisqu’en 2010 le conseil de la magistrature a décidé de suspendre le magistrat Baltasar Garzon pour avoir voulu enquêter sur les crimes du franquisme, en dépit de la loi d’amnistie de 1977. Mais par l’Argentine depuis qu’à la même date, trois exilés de la dictature franquiste ont décidé de porter plainte devant les tribunal de leur pays d’adoption, suivis de milliers d’Espagnols au nom du principe de “justice universelle” en vertu duquel les crimes contre l’humanité, imprescriptibles et inamnistiables, peuvent être poursuivis hors des frontières où ils sont commis.

Après trois ans d’enquête, de complications en tous genres et d’entretiens avec les associations de victimes espagnoles et les ONG, la juge a sollicité l’arrestation de l’ancien capitaine de la garde civile Jesus Muñecas, l’ancien inspecteur de la brigade politico-sociale Celso Galvan, l’ancien commissaire de police José Ignacio Giralte et l’ancien inspecteur José Antonio Gonzalez Pacheco, alias Billy el Niño.

Âgés de 66 à 78 ans, ils sont tous poursuivis pour les tortures dont les accusent des dizaines de plaignants, souvent prisonniers politiques durant les dernières années du franquisme, et dont l’unique crime était parfois d’avoir collé des affiches contre l’inflation, participé à des manifestations d’étudiants ou diffuser des documents “subversifs” critiquant le régime.

A la juge, les victimes, – celles qui sont encore vivantes car beaucoup sont décédées depuis, – ont raconté les coups répétés sur la plante des pieds jusqu’à en arracher la peau, dans les testicules jusqu’à uriner du sang, les menaces proférés à l’encontre de leur famille. “Nous avons déposé 170 plaintes et nous espérons que de nouveaux mandats d’arrêt seront dictés prochainement contre des anciens ministres, des membres de l’Eglise, d’autres militaires ou policiers…,” explique Mme Arcenegui.

Puisque l’Espagne refuse de juger les crimes du franquisme, l’Argentine semble décidée à s’en charger. Une façon de renvoyer l’ascenseur au pays qui, grâce au travail du juge Baltasar Garzon et au nom du principe de “justice universelle”, avait entamé en 1998 des poursuites judiciaires contre les crimes commis sous les dictatures de Videla, et de Pinochet au Chili.

En mai dernier, le célèbre magistrat a d’ailleurs témoigné auprès de la juge Servini de Cubria pour confirmer l’impossibilité de juger en Espagne les crimes du franquisme, du fait de la loi d’amnistie de 1977.

Voir le video…

La juge a pu aussi s’appuyer sur le dernier rapport d’Amnistie internationale sur ce sujet récurrent, publié cet été et intitulé “Le temps passe l’impunité demeure.” Et sur les dizaines de plaintes manuscrites qu’elle a reçues. En revanche elle n’a pas pu entendre les victimes par téléconférence au consulat d’Argentine en Espagne comme cela était prévu en mai. Le ministère des affaires étrangères espagnol ayant joint l’ambassadeur d’Argentine afin de lui rappeler qu’il existe un accord de collaboration judiciaire entre les deux pays et que cette procédure n’en fait pas partie.

L’opposition du Parti populaire (PP, droite, au pouvoir), dont le fondateur, Manuel Fraga était lui-même ministre sous Franco, à “rouvrir les cicatrices du passé” en jugeant les anciens responsables du régime, quand les associations parlent de les fermer, est une constante. Elle ne laisse entrevoir que peu d’espoir de voir le gouvernement répondre favorablement à la demande d’extradition formulée par l’Argentine. “Nous espérons au moins que l’Espagne soit montrée du doigt comme le pays de l’impunité des tortionnaires, et que la honte envahisse ces hommes,” assure Mme Arcenegui.

Les associations espèrent aussi que ces premiers ordres de détention donneront lieu à d’autres et que la juge enquêtera non seulement sur les cas de tortures durant le franquisme tardif, les plus simples à documenter puisque les principaux témoins et accusés sont souvent encore vivants, mais aussi sur les 150 000 disparitions et 30 000 enfants volés tout au long de la guerre civile (1936-1939) et de la dictature (1939-1975), qu’elles ont recensés.

Pour cela, elles comptent également sur l’aide du Groupe de travail sur les disparitions forcées des Nations-Unies, justement en visite en Espagne du 23 au 30 septembre, afin qu’il pousse le gouvernement à créer une Commission de la vérité.

Sandrine Morel

Source:Le Monde

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