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En 1984, Mitterrand et Thatcher au milieu d’un remake de « La Panthère rose »

François Mitterrand et Margaret Thatcher le 14 juillet 1989, à Paris. | AFP/JOËL ROBINE

QuestCinq.com/News

L’affaire des explosifs cachés par un policier français dans un buisson de la résidence de France à Londres lors de la visite officielle du président François Mitterrand en octobre 1984 avait été plus sérieuse que les diplomates des deux pays ne l’avaient affirmé à l’époque : c’est ce qui ressort des documents officiels britanniques déclassifiés le 3 janvier. Premier ministre, Margaret Thatcher n’avait guère apprécié ce canular, d’autant que l’embrouille était intervenue dans la foulée de l’attentat de Brighton commis par l’IRA qui avait failli décimer le gouvernement de Sa Majesté.

Le président Mitterrand avait entamé le 23 octobre 1984 une visite d’Etat de quatre jours en Grande-Bretagne à l’occasion de la célébration du 80e anniversaire de l’Entente cordiale, pour saluer « l’entente entre nos deux pays, vieille aujourd’hui de près de cent ans ». Mais la fête a été gâchée quand des chiens renifleurs anglais ont découvert deux charges explosives sans détonateur placées sous les buissons de la résidence de l’ambassadeur où le chef de l’Etat devait donner une grande réception en l’honneur de ses compatriotes installés dans la capitale britannique.

Scotland Yard avait interpellé l’inspecteur du groupe de sécurité de l’Elysée qui avait dissimulé de faux explosifs, pour l’interroger sans ménagement dans les sous-sols. Les policiers des deux pays avaient chacun leur scénario, totalement contradictoires. Pour Paris, les policiers britanniques et leurs homologues français discutaient dans une ambiance détendue quand les bobbies avaient proposé à l’artificier français de cacher des explosifs, de manière à démontrer l’efficacité de leurs chiens. Démentant catégoriquement le scénario du coup monté, les Britanniques affirmaient que les Français voulaient humilier la grande institution qu’est Scotland Yard.

SÉANCE ORAGEUSE AU 10, DOWNING STREET

Test amical pour les uns, provocation shocking pour les autres. La presse populaire fit rapidement son choix. Le Daily Mail avait parlé de « test outrageant pour Scotland Yard » en notant que l’épreuve « imposée par l’inspecteur Clouseau », le policier gaffeur interprété par Peter Sellers dans La Panthère rose, avait tout naturellement tourné à l’avantage du Yard.

Quand elle avait pénétré le 25 octobre 1984 dans la longue salle blanche à colonnes du conseil des ministres, Mme Thatcher avait laissé son sourire rose au vestiaire. Sous le portrait du premier occupant du 10 Downing Street, Sir Robert Walpole, elle avait présidé une séance orageuse, à lire les minutes de la réuniondu cabinet.

« Lors de la discussion, nous sommes tombés d’accord sur le caractère inexplicable et inacceptable de l’épisode. Il faut s’assurer d’urgence qu’aucun événement similaire ne se reproduise ou puisse se dérouler durant la visite du président Mitterrand, en particulier en ce qui concerne la sécurité à Buckingham Palace », lit-on dans les archives. « L’absence d’explications ou d’excuses de la part du gouvernement français est incroyable. Cela nous complique la tâche d’expliquer les faits sans apparaître critique de la France pendant la visite », poursuit le compte-rendu.

MME THATCHER AVAIT REFUSÉ DE MONTER L’AFFAIRE EN ÉPINGLE

Tranchante, Margaret Thatcher avait résumé la situation : « Cet incident est stupéfiant. La réaction du gouvernement britannique est liée aux excuses des Français et aux mesures qu’ils entendent prendre. »

Mais il ne fallait surtout pas humilier l’hôte de l’Elysée, dont le voyage avait été ravalé dans les colonnes « faits divers » des journaux britanniques. C’est pourquoi, le 26 octobre, lors de la séance hebdomadaire de questions au premier ministre, Mme Thatcher, d’un ton mesuré, avait refusé de monter l’affaire en épingle en se contentant d’affirmer que le canular était « regrettable » et que « l’individu responsable avait agi de façon tout à fait malvenue ».

Paris avait finalement adressé ses plus plates excuses pour avoir douté de la perspicacité de Scotland Yard. Cette visite d’Etat très shakespearienne s’était traduite par un large accord sur les dossiers de l’heure. Et dans cette grande superproduction franco-britannique, Guignol n’avait pas été rossé par Punch, le Polichinelle d’Albion… Ainsi va l’Entente cordiale !

 

  •  Marc Roche (Londres, correspondant)
    Journaliste au Monde

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