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Syrie: ultime séance de pourparlers de Genève avant une pause

QuestCinq.com

PIERRE TAILLEFER
Agence France-Presse
Genève

Représentants de l’opposition et du gouvernement syriens, d’accord sur pratiquement rien après dix jours de Conférence Genève II, vont faire une pause alors que sur le terrain quelque 1900 personnes ont été tuées en neuf jours,  selon une ONG.

Près de 1900 personnes sont mortes en Syrie durant les pourparlers de paix en Suisse qui ont commencé le 22 janvier, a affirmé vendredi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Publiquement la délégation du régime affiche toujours une détermination absolue. Le régime syrien ne fera «aucune concession» dans les négociations, a prévenu vendredi le ministre de l’Information, Omrane al-Zohbi.

«Ni dans ce round, ni dans le prochain, ils (les adversaires du régime) ne pourront obtenir de la délégation syrienne aucune concession (…) Ils n’obtiendront pas par la politique ce qu’ils n’ont pas pu obtenir par la force», a lancé le ministre devant quelque 250 manifestants pro-régime rassemblés devant le siège de l’ONU à Genève.

Pendant la pause des pourparlers, qui doivent reprendre en principe le 10 février, le chef de la coalition de l’opposition, Ahmad Jarba, fort d’une crédibilité acquise à Genève, sera reçu à Moscou le 4 février pour sa première visite officielle à cet allié du régime syrien, a annoncé l’opposition.

L’opposition a également indiqué qu’il se rendrait samedi à Munich à la Conférence sur la sécurité qui réunit le gratin de la défense et de la diplomatie internationales.

Après les mises en garde des États-Unis et de la France, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a estimé que le rythme d’évacuation des armes chimiques hors du territoire syrien devait s’accélérer. Moins de 5% des armes les plus dangereuses ont jusqu’à maintenant été évacuées.

«La nécessité d’accélérer le rythme de ce processus est évidente», a soutenu le directeur-général Ahmet Uzumcu lors d’une réunion jeudi du Conseil exécutif de l’OIAC, cité dans un communiqué publié vendredi.

Seuls deux chargements d’agents chimiques ont quitté la Syrie, les 7 et 27 janvier, via le port de Lattaquié pour être détruits en mer.

À l’heure des bilans de cette première session d’une conférence qui a nécessité pratiquement deux ans d’efforts diplomatiques et toute l’influence des deux coparrains les États-Unis et la Russie, le premier résultat tangible est que les belligérants se sont retrouvés à une même table et se sont parlé pour la première fois après trois ans de guerre.

Entretemps on aura dénombré quelque 130.000 morts et plus de neuf millions de Syriens déplacés ou réfugiés.

«Au moins chacun a reconnu que l’autre était quelqu’un avec qui il fallait négocier», estime pour l’AFP Peter Volker de l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité.

«Cela a été un succès pour l’opposition qui a réussi à se présenter comme organisée et raisonnable», a ajouté M. Volker.

Une remarque que partage un diplomate occidental proche des pourparlers: «l’opposition sort plutôt confortée, vous remarquerez qu’il n’y a eu pendant la Conférence plus aucune déclaration négative contre la délégation de la part de certains groupes armés en Syrie», qui ne sont pas des islamistes radicaux, souligne ce diplomate sous couvert d’anonymat.

La délégation gouvernementale dénie toujours une légitimité à la Coalition de l’opposition. «La partie de l’autre côté de la table doit être représentative des Syriens (….) Cela a été une erreur de la part des Nations unies d’inviter les représentants de cette fraction de l’opposition et d’ignorer les autres; elle doit être rectifiée d’ici au prochain round», a estimé Hussam Ala, vice-ministre des Affaires étrangères, dans un entretien avec Le Temps.

Il réclame la venue de ce que Damas appelle «l’opposition interne», des personnalités non engagées dans la lutte armée.

Le vice-ministre assure également que l’élection présidentielle qui doit se tenir d’ici l’été «aura lieu comme prévu et le président Bachar al-Assad sera candidat».

L’opposition s’en tient à la déclaration adoptée en juin 2012 par les grandes puissances à Genève I qui prévoit la mise en place d’une «autorité gouvernementale de transition dotée des pleins pouvoirs», qui implique le retrait du président Assad.

«Sans un clair consensus international pour faire pression sur le régime d’Assad, y compris les Russes, et si nécessaire la mise en place d’une coalition pour appliquer cette pression, nous n’allons pas voir beaucoup de changement de la part du régime», a déclaré à l’AFP Salman Shaikh, Directeur du Brookings Institute de Doha, qui ne s’attend à aucun grand progrès que la prochaine «session dure une semaine ou un an».

Aucune des «mesures de confiance» que demandait le médiateur Lakhdar Brahimi dans le domaine humanitaire n’a abouti, pas même celle qui semblait la plus simple, un ravitaillement des assiégés de la vieille de Homs ou, comme l’a proposé le régime, une évacuation des femmes et des enfants.

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