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La stratégie de puissance russe : agrandir la Russie, morceler l’Europe

FIGAROVOX/ANALYSE- La démographie est le talon d’Achille de la Russie, ce qui pousse Poutine à lorgner vers l’Ouest. Pour le géographe Laurent Chalard, il est temps de penser une géopolitique européenne pragmatique pour contrer les objectifs du Kremlin.

La crise ukrainienne de 2014 peut désormais être considérée comme l’aube d’une nouvelle ère géopolitique pour le continent européen, à l’origine des changements les plus importants depuis la chute du rideau de fer en 1989 et les recompositions territoriales qui s’en sont suivies, dont le dernier soubresaut a été l’indépendance du Kosovoproclamée en février 2008. En effet, la logique d’expansion vers l’est du modèle de la démocratie occidentale, qui semblait inscrite pour certains experts dans le «sens de l’histoire», semble arriver à son terme. La résurgence d’une puissance impériale à tendance autocratique certaine sur ses frontières orientales, la Fédération de Russie, vient remettre en cause les acquis de vingt années d’extension de l’emprise de l’Europe occidentale sur la partie orientale du continent, suivant une logique de domination qui n’a jamais vraiment dit son nom, puisque les anciens pays du bloc communiste se sont vus obliger (de leur plein gré) d’adapter leur économie et leur système politique aux règles fixées par Bruxelles. En effet, la Russie de Vladimir Poutinecompte rentrer définitivement dans le jeu politique européen, d’où elle avait été écartée par ce qui sera probablement jugé par nos descendants comme un accident de l’histoire, l’implosion de l’URSS. Sa stratégie repose sur deux éléments qui ont pour objectif final de faire de la Russie le pays dominant du continent.

Le premier élément a pour but de renforcer le poids démographique de la Russie. Si cette dernière est le plus grand pays du monde par sa superficie, elle souffre néanmoins d’une relative faiblesse démographique, qui l’empêche d’écraser complètement les autres états européens. Ses 143 millions d’habitants en font l’Etat le plus peuplé du continent, mais c’est moins de deux fois le poids de l’Allemagne son poursuivant, qui en compte 80,5 millions. En conséquence, outre les enjeux géopolitiques divers et variés que sont l’accès à la Mer Noire ou le contrôle des gazoducs, les dirigeants russes cherchent aujourd’hui autant à accroître la population que la superficie de leur Etat. Or, c’est vers l’ouest que les possibilités d’extension sont les plus importantes dans ce domaine, du fait de densités de population bien plus élevées en Europe orientale qu’en Asie Centrale et de la présence conséquente de russophones, qui peuvent laisser espérer au Kremlin la possibilité de contrôler des régions comprenant aussi des minorités non russophones. C’est bien évidemment le cas de l’Ukraine, où la Russie lorgne sur les potentiels 21,5 millions d’habitants des régions de l’est et du sud du pays, dont environ 8 millions de russes ethniques. C’est aussi le cas de la Biélorussie et ses 9,5 millions d’habitants, qu’elle tentera probablement de récupérer une fois réglé «le cas Loukachenko», dont la dictature est à bout de souffle. A l’arrivée, la Russie peut espérer, en menant une politique d’immigration et en continuant le redressement bien engagé de sa natalité, constituer une entité géopolitique comptant environ 175 millions de personnes, auxquels pourraient éventuellement s‘ajouter en Asie sous une forme d’association (L’Union Eurasiatique?) le Kazakhstan et ses 16 millions d’habitants (dont 3,8 millions de russes au recensement de 2009), soit près de 200 millions d’habitants, qui lui donneraient un poids plus important face aux autres états européens.

Parallèlement, le second élément de la stratégie russe consiste à affaiblir ses concurrents européens, en tentant de réduire leur taille, à travers le soutien aux mouvements indépendantistes qui se renforcent suite à la crise économique, chose à laquelle indirectement le référendum sur la Crimée contribue, puisqu’il ouvre une véritable boîte de pandore, qui n’est pas sans arrière-pensée du côté de Moscou. En effet, plus l’Europe sera morcelée en une multitude d’Etats, plus il sera facile pour un pays de près de 200 millions d’habitants d’imposer ses vues en jouant la concurrence entre les uns et les autres, suivant le vieux proverbe latin «diviser pour mieux régner». Dans ce cadre,l’indépendance de l’Ecosse constitue très vraisemblablement l’objectif primordial de la Russie car elle permettrait d’affaiblir le Royaume-Uni, pays jugé par Moscou comme le cheval de Troie américain en Europe, le privant de l’accès aux ressources naturelles de la mer du Nord et à sa principale base de sous-marins nucléaires. D’ailleurs, même s’il est, en l’état de nos connaissances, impossible de prouver l’existence d’un lien, la forte progression récente du vote favorable à l’indépendance en Ecosse dans les sondages n’est peut-être pas totalement déconnectée du précédent de la Crimée. Ensuite, la Russie a tout intérêt à favoriser l’implosion des autres grands pays européens, que ce soit l’Espagne avec la Catalogne ou l’Italie avec les velléités sécessionnistes du Nord. Pour les Etats comme la France et l’Allemagne, qui disposent d’une assise territoriale plus solide, elle aura plutôt tendance à monter les minorités ethniques, de plus en plus importantes numériquement dans le cadre d’Etats multiculturels de facto, contre les régimes en place et à favoriser les mouvements extrémistes chez les populations «autochtones», tel que le Front National dans l’hexagone, dans l’optique de miner la cohésion nationale.

Une fois démontrée la stratégie russe, qui suit une logique géopolitique claire et précise, la principale question

 

 

qui se pose aux élites européennes concerne la politique à adopter pour pouvoir la contrer de manière efficace. Or, pour cela, il apparaît nécessaire de changer de mentalité, c’est-à-dire qu’il faudrait arrêter de prendre ses désirs pour des réalités et de penser que les rapports entre Etats sont uniquement des rapports de force économique. Comme nous le montrent les succès incontestables de la politique étrangère russe depuis quelques années, la Puissance repose aussi sur d’autres éléments, comme la force militaire, la ruse, une «vision» de long terme et la capacité à prévenir les réactions de son adversaire. Il convient donc de construire une école de géopolitique européenne pragmatique et indépendante d’influences extérieures qui puisse orienter de manière pertinente les décideurs politiques ainsi que de mieux former ces derniers aux réalités de l’exercice du Pouvoir dans un monde en perpétuel mouvement.

Laurent Chalard est géographe au European Centre for International Affairs.

Source: Le Figaro

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